Il y a une statistique que les magazines de janvier évitent soigneusement de mettre en couverture : la grande majorité des personnes qui perdent du poids par un régime restrictif le reprennent dans les trois à cinq ans. Souvent avec un peu de rab.

Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de mécanique. Et tant qu’on n’a pas compris cette mécanique, on recommence le même scénario tous les dix-huit mois, en s’en voulant un peu plus à chaque fois.

Que se passe-t-il vraiment quand on se restreint ?

Un corps privé ne fait pas la différence entre un régime choisi et une pénurie subie. Il réagit exactement de la même façon : il ralentit sa dépense, il augmente les signaux de faim, il rend la nourriture plus désirable qu’elle ne l’était avant.

C’est un réflexe de survie, parfaitement efficace, hérité d’époques où sauter des repas n’était pas un projet mais un accident. Le problème, c’est qu’il se déclenche aussi devant une salade de quinoa.

À cette réponse physiologique s’ajoute une réponse psychologique bien documentée : plus un aliment est interdit, plus il occupe l’esprit. Le chocolat qu’on s’autorise le mercredi soir n’a rien d’obsédant. Celui qu’on s’interdit devient un personnage principal.

Pourquoi le plaisir n’est-il pas l’ennemi ?

Dans la plupart des régimes, le plaisir est traité comme une faiblesse à mater. On mange « propre », on mange « raisonnable », et le plaisir est renvoyé aux week-ends ou aux jours de triche.

C’est précisément ce découpage qui fabrique les excès. Un repas vécu comme une punition ne rassasie pas vraiment, parce que la satiété n’est pas qu’une affaire de volume dans l’estomac. Elle est aussi une affaire de satisfaction.

Un plat qu’on a envie de manger, qu’on savoure, qu’on prend le temps de goûter, envoie des signaux de fin de repas beaucoup plus nets qu’une assiette avalée en dix minutes devant un écran. Le plaisir n’est pas ce qui fait déraper, c’est souvent ce qui permet de s’arrêter.

Comment cuisiner autrement sans tout compliquer ?

La bonne nouvelle, c’est que cela ne demande pas de changer de vie. Quelques ajustements suffisent à sortir de la logique de privation.

  • Cuisiner des aliments entiers plutôt que des produits allégés. Un yaourt nature avec des fruits frais rassasie mieux qu’un dessert à 0 % aromatisé, et il coûte moins cher.
  • Garder du gras et du goût. Une cuillère d’huile d’olive, un peu de fromage râpé, des herbes fraîches : ce sont ces éléments qui rendent un légume désirable, donc mangé.
  • Servir à table, pas devant la casserole. Poser le plat, s’asseoir, poser la fourchette entre deux bouchées. Le repas dure alors assez longtemps pour que les signaux de satiété arrivent.
  • Arrêter la catégorie « aliment interdit ». Tout peut entrer dans une alimentation équilibrée, à condition d’être mangé consciemment et sans culpabilité en dessert.

Et quand l’assiette n’est pas le vrai sujet ?

Il existe une situation où aucune recette ne suffit : celle où l’on mange sans faim. Le paquet de biscuits ouvert après une journée difficile, le grignotage qui commence à 18 h et ne s’arrête plus, la sensation de manger contre quelque chose plutôt que pour se nourrir.

Dans ce cas, le contenu de l’assiette n’est pas le problème, il est le symptôme. La nourriture joue un rôle de régulation émotionnelle, et tant que ce rôle n’est pas pris en charge autrement, aucune liste de courses ne tiendra.

C’est là que des approches comme l’hypnose peuvent apporter quelque chose que la diététique seule n’apporte pas. Le principe est de travailler sur l’automatisme lui-même, sur le geste qui part avant la décision, plutôt que sur la composition du menu. Certains praticiens en ont fait leur spécialité, comme cette approche centrée sur la réconciliation avec son assiette, qui part de l’émotion plutôt que du chiffre sur la balance.

Par où commencer cette semaine ?

Pas par un plan sur six mois. Par un seul repas, celui du soir par exemple, cuisiné avec l’idée de le rendre bon plutôt que léger.

Puis par une observation, sans jugement : à quel moment de la journée la main part-elle vers le placard sans que la faim soit là ? Noter l’heure et le contexte pendant une semaine en apprend souvent plus que trois mois de comptage de calories.

Et si l’observation révèle un mécanisme installé depuis longtemps, il n’y a aucune honte à se faire accompagner. Le cabinet DMEL Hypnose et d’autres praticiens travaillent précisément sur ce terrain, en complément d’un suivi médical ou diététique quand il est nécessaire.

Manger mieux ne commence pas par manger moins. Cela commence par manger en étant présent, et par arrêter de traiter son corps comme un adversaire à discipliner.


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